Le tribunal de grande instance de La Haye a condamné un homme de 66 ans, originaire d’Ede, à la réclusion à perpétuité pour son implication dans le génocide rwandais de 1994. Cet homme a pris part à une attaque contre deux localités majoritairement peuplées de Tutsis. Leurs maisons ont été pillées et incendiées. Peu après, il se trouvait dans un stade où des milliers de Tutsis avaient trouvé refuge. Il a empêché les Tutsis de s'échapper et a lancé une grenade dans la foule. L'homme a donc été reconnu coupable de crimes de guerre et de génocide.
Phrase
La commission de ce type de crimes de guerre et de génocide est passible de sanctions sévères : une peine d'emprisonnement de vingt ans (à l'époque) ou la réclusion à perpétuité.
Selon la Cour, ces actes ont été commis avec une intention génocidaire : l’identité collective d’une personne déterminait si elle survivait ou non. Parmi les victimes figuraient notamment des civils sans défense qui cherchaient un refuge. La Cour tient le prévenu pour responsable de ces faits. En 1994, le suspect était un homme très respecté et il devait être conscient de son rôle et de l’influence qu’il exerçait en tant qu’autorité locale. Au lieu de rester en retrait, l’accusé a commis de multiples crimes graves.
La Cour estime donc qu’une peine d’emprisonnement à durée déterminée ne rend pas justice à la gravité exceptionnelle des crimes commis. Le comportement de l’accusé témoigne d’un manque flagrant de respect envers la dignité humaine et la vie humaine en tant que telle, de sorte que seule une peine d’emprisonnement à perpétuité rend justice aux immenses souffrances infligées aux victimes et aux familles endeuillées.
Image : Tribunal de justice (La Haye), © Rechtbank, Den Haag